REGION CORSE

L'AQUACULTURE EN CORSE


Devenue première activité exportatrice (en valeur) de l’île ainsi que l’une des principales filières de type agricole en Corse, l’aquaculture marine insulaire connait depuis dix ans un développement remarquable. Bénéficiant de potentialités environnementales particulièrement favorables à son essor, l’aquaculture corse a fait preuve d’une progression constante au cours de ces cinq dernières années, ce qui l’a amenée à représenter, avec une production avoisinant les 1000 tonnes en 1995, jusqu’à 30% de la production nationale de poissons marins d’élevage.


HISTORIQUE

Milieux précurseurs “historiques” en matière d’aquaculture (les romains y stockaient des coquillages destinés aux marchés de la péninsule) , les étangs de la plaine orientale ont été tout naturellement à l’origine du démarrage des activités aquacoles dans l’île. Ainsi, le début des "années 60" a vu l’installation sur les étangs de Diana et Urbino, des premières exploitations conchylicoles. Tirant parti d’un environnement particulièrement productif, l’ostréiculture et la mytiliculture lagunaire ont adopté une technologie sur filières flottantes qui a permis une valorisation optimale du milieu naturel ainsi que des rendements zootechniques élevés. 
A la fin des années 70, ces mêmes espaces lagunaires ont représenté le milieu le plus propice pour le développement de la pisciculture marine. Ainsi, grâce aux conditions extrêmement protégées offertes par ces plans d’eau, Diana et Urbino ont été le terrain des premiers essais d’élevage de loups et de daurades. Les étangs ont accueilli, alors, les premières exploitations piscicoles et même, à partir du milieu des "années 80", un centre d’expérimentation aquacole de l’IFREMER. Ces premières expériences, jalonnées de nombreuses difficultés dues à une maîtrise encore incomplète des techniques d’alevinage, ont permis de définir toutefois les normes de grossissement en cages flottantes et ont été le véritable moteur pour le démarrage de l’aquaculture insulaire. Cependant, malgré leurs atouts, les étangs représentaient un environnement trop confiné et trop instable pour voir se développer une filière piscicole intensive. Ainsi, grâce aux progrès conjoints réalisés en matière de maîtrise zootechnique et de fiabilisation des structures flottantes, l’aquaculture conquiert, dès 1987, le domaine marin et voit apparaître les premières fermes d’élevage piscicoles en mer ouverte.
Les années 88-91 constatent le décollage définitif de la filière avec l’installation autour du littoral insulaire de nombreuses fermes de grossissement de loups et de daurade. Implantée au départ dans les baies et les golfes les plus abrités, l’aquaculture s’installe progressivement, grâce à l’adoption de structures d’élevage toujours plus résistantes, dans des sites de plus en plus exposés. Présentant les conditions de renouvellement du milieu les plus idoines aux techniques d’élevage intensives, les grands golfes corses ont consenti la mise en place de fermes marines modernes adoptant les technologies d’exploitation les plus avancées. Parallèlement au démarrage des fermes de grossissement, la Corse se dote de deux écloseries permettant la production d’alevins de loups et destinées à approvisionner les exploitations piscicoles marines et lagunaires.
Forte d’une quinzaine d’entreprises, l’aquaculture corse poursuit, depuis 1992, son développement sous le signe de la modernisation de son outil de production et de l’amélioration des techniques d’exploitation. Consenti grâce aux aides octroyées conjointement par la Collectivité Territoriale et la Communautée Européenne, cet effort d’investissement a abouti a la mise en place, aussi bien sur les étangs qu’en mer ouverte, de structures d’élevage piscicoles et conchylicoles remarquablement performantes. Dotées de l’ensemble des équipements nécessaires à une gestion rigoureuse des exploitations, disposant d’un tissu humain particulièrement qualifié, bénéficiant d’un environnement physique et institutionnel des plus favorables, les fermes marines corses sont d’ores et déjà parées pour faire face à un climat concurrentiel très rude leur permettant de poursuivre l’effort accompli jusqu’à ce jour.
Au terme de ces 10 dernières années, caractérisées par l’émergeance et le développement de la filière, l’aquaculture corse affiche un bilan productif et entreprenarial de premier ordre: création de 2 écloseries de loups, de 8 fermes de grossissement de loups et daurades installées en mer ouverte, de 3 fermes de gros
sissement de poissons en étang, développement de 3 installations conchylicoles produisant des moules et des huitres creuses, avec, à la clé, une production annuelle de 1000 tonnes de loups et daurades et de 500 tonnes de coquillages.

LE CONTEXTE INSTITUTIONEL
Outre le facteur environnemental très favorable, caractérisé par de multiples sites aux eaux littorales d’une pureté exceptionnelle, le développement rapide de ce secteur d’activité est aussi la résultante d’une volonté politique régionale très ambitieuse.
Ainsi, dans le but d’accompagner l’essor de cette filière, l’Etat et la Collectivité Territoriale de Corse ont procédé à l’installation d’une cellule “mer” affectée spécialement à l’organisation et au développement du secteur des productions marines. Après une première phase (1987-1993) entièrement consacrée à soutenir l’effort de démarrage des unités de production, l’action de la cellule “mer” s’est traduite par la mise en oeuvre, en 1993, d’un vaste programme de développement des filières pêche et cultures marines. Intégré dans le Plan de Développement de la Corse, (rapport de synthèse évoquant les grands projets prévus pour la Corse dans les 15 prochaines années), le programme de développement de l’aquaculture marine est destiné à renforcer l’environnement immédiat du secteur productif afin de pérenniser les activités de la filière et d’asseoir la compétitivité des entreprises.
Visant une valorisation optimale du produit d’aquaculture insulaire, ce programme repose sur la définition de trois grands axes stratégiques autours desquels s’articuleront tous les efforts menés par la Collectivité Territoriale en faveur de l’aquaculture:
M un axe technologique voué à la création d’un outil régional de recherche et d’innovation
M un axe environnemental visant l’étude et la préservation du milieu marin et lagunaire
M un axe promotionnel relatif aux actions de communication et de marketing destinées à assurer la meilleure valorisation du produit local
Elaboré pour les 5 prochaines années, ce projet devrait permettre de poursuivre ainsi l’essor de la filière dans le contexte prometteur de l’aquaculture marine.

 


CONTACTS UTILES :


CRITT Corse
4, boulevard du Roi Jérome
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Tél : 04 95 51 38 59

 
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